Club de Lecture Chrétienne

Club  de Lecture Chrétienne

Actualités


Le pentecôtisme dans l’espace et dans le temps

 

David Bundy :

le pentecôtisme dans l’espace et dans le temps

 

 David Bundy est chercheur et professeur d’études chrétiennes mondiales au séminaire théologique de New York. Il est spécialisé sur l’étude des mouvements pentecôtistes et charismatiques, mouvements de sanctification et toutes églises issues de ces courants du christianisme. Il est l’un des auteurs ayant collaboré au « New International Dictionary of pentecostal charismatic movements » (Ed. Zondevan).

Lors d’un voyage d’étude en Europe, David Bundy a fait étape au siège de l’Union de Prière à Charmes-sur-Rhône en Ardèche, qui comporte une imposante bibliothèque. Il s’intéresse ainsi aux aspects du protestantisme français. C’est là que nous l’avons rencontré au milieu des étagères, moustache abondante et casquette vissée sur la tête. Il a accepté de répondre à nos questions.

 

 

« Les manifestations collectives des dons de l’Esprit telles qu’on les connaît dans les églises pentecôtistes actuelles existaient déjà du temps des assemblées cévenoles du XVIIIe siécle »


Peut-on dire que l’une des principales origines du pentecôtisme est ici dans cette région d’Ardèche aux confins de la Drôme?


Oui certainement. La Drôme et l’Ardèche sont l’un des berceaux du mouvement pentecôtiste en France. Beaucoup de mouvements de réveils en France ont donné des racines au mouvement pentecôtiste et charismatique. Il reste d’ailleurs beaucoup à étudier à propos de ce qui s’est passé dans les réveils cévenols. 


A-t-on des traces de ces manifestations de façon collective, en assemblée, comme cela est le cas dans le pentecôtisme moderne, avant cette période dite du réveil huguenot (donc protestant) au XVIIIe siècle?


Non, je n’en connais pas. C’est vrai que des manifestations collectives des dons de l’Esprit telles qu’on les connaît dans les églises pentecôtistes actuelles existaient déjà du temps des assemblées cévenoles du XVIIIe siécle qui se réunissaient clandestinement car persécutées par le pouvoir royal. Cette histoire est assez bien connue, du moins en partie, parmi les pentecôtistes. Au même moment a émergé le mouvement Quaker, lui-même caractérisé par  des manifestations particulières : les célèbres tremblements des fidèles qui ont donné le nom au mouvement. Ici en France fin XVIIIe et début XIXe siècles il y avait pas mal de mouvements quakers.  On retrouve des similitudes entre les manifestations de ces assemblées huguenotes  et des courants modernes du pentecôtisme tel que ce que l’on a appelé « La bénédiction de Toronto ».


Justement : que pensez-vous du mouvement de Toronto qui a émergé à la fin du XXème siècle et suscite encore pas mal de polémiques ?


C’est bien compliqué. Dans un certain sens, les pratiques et activités issues de ce mouvement, on peut les comprendre comme une liturgie survenue dans une communauté (Airport Christian Fellowship of Toronto)  que d’autres communautés ont approuvée. Côté théologie c’est du pentecôtisme protestant. Ce sont les pratiques et aspects liturgiques, en tant qu’ouvertures à la présence de Dieu dans une communauté, qui sont différentes, et dans lesquelles certains ont trouvé des temps spirituels approfondis.


Certains excès et dérives ne peuvent-ils pas donner une mauvaise image du mouvement pentecôtiste ?
Certainement. Mais les excès, il y en a partout, et différents, que ce soit chez les catholiques ou chez les protestants. C’est quelque chose lié à la nature humaine.


On ne ressent pas d’homogénéité dans la galaxie pentecôtiste. Est-ce que la diversité n’est pas une caractéristique de ce mouvement ?


Oh oui ! Et par exemple quand dans une église d’Indianapolis, avec beaucoup d’Africains ou de leurs descendants, on reçoit le Saint-Esprit, ça fait beaucoup de bruit, ça court de partout. En Suède les réactions sont très différentes, c’est très calme, on se sent simplement « très béni ».  C’est pourquoi il est très difficile de généraliser sur le pentecôtisme. Le pentecôtisme a rencontré presque toutes les cultures du monde, et la culture qui reçoit le message pentecôtiste détermine ce que cela va donner. Mais partout un pentecôtiste sait discerner un autre pentecôtiste dans la personne qu’il a en face de lui, même s’il peut être choqué par des habitudes ou pratiques qui ne sont pas les siennes… En fait, presque tous les courants protestants : méthodistes, piétistes, mennonites, etc.,  ont été ou sont traversés par le pentecôtisme.


Il y a tout de même une théologie qui considère que ces manifestations relatées dans les Actes des Apôtres au moment de la Pentecôte, et même après, ne doivent plus avoir cours car elles étaient données juste pour la création de l’Eglise. Il est aussi invoqué que tous les prodiges et les signes qui sont relatés dans la Bible ne viennent pas de Dieu. Que pouvez-vous dire là-dessus ?


Pour distinguer un vrai don d’un faux, il faut regarder au fruit que cela porte, comme le fait remarquer l’apôtre Paul, avec pour clé le commandement de Jésus qui dit d’aimer le Seigneur Dieu de tout son corps son âme et sa pensée et son prochain comme soi-même. 
Le pentecôtisme a trouvé, à ses débuts, une opposition théologique, politique, ecclésiologique. Non seulement cela n’a pas freiné son développement, mais au contraire, parce que de façon très naturelle les gens voulaient voir d’eux-mêmes ce qu’on pouvait leur déconseiller. De plus, le mouvement est devenu suffisamment important et influent au niveau mondial pour que les églises anciennement établies préfèrent les ignorer ou parler avec, plutôt que s’y opposer. Il y a eu durant une vingtaine d’années un dialogue officiel de l’Eglise catholique avec les pentecôtistes, et un dialogue des réformés avec les pentecôtistes, surtout en Scandinavie et en Allemagne. En France, il y a par exemple le groupe des Dombes, les rassemblements œcuméniques charismatiques ici en Ardèche à Viviers depuis 1972. De ce fait, la France a bien contribué à la compréhension du pentecôtisme mondial.
C’est bien difficile d’étudier le pentecôtisme parce que les perspectives sont tellement différentes, et que les interprétations ne sont pas rassemblées dans une bibliothèque. Ce qui fait que dans les églises anciennement établies on a du mal à avoir une compréhension du phénomène. Ce qui prévaut donc c’est ce qui ressort dans les médias (rires)… qui ne comprennent pas ce qu’ils voient et en font des interprétations sensationnalistes. Et tout le monde, sauf les pentecôtistes, est content.


En 2050 on prédit que les églises seront majoritairement de type pentecôtiste. Pourquoi ce succès du pentecôtisme ? Qu’est-ce qui le favorise ?


Je crois que le premier aspect c’est la diversité : il n’y a pas de magistère suprême dans le pentecôtisme qui existe dans le monde protestant ou catholique. Un autre aspect c’est que les églises pentecôtistes s’attachent à parler aux gens des questions qui les touchent directement. Le pentecôtisme donne un contexte de foi et de communauté pour vivre les pressions de la vie moderne. Et comme c’est assez flexible si on n’est pas en accord avec le pasteur ou la communauté, on peut toujours changer…


On accuse souvent le pentecôtisme d’être contre la modernité. Qu’en est-il ?


On dit trop souvent que le pentecôtisme est anti-moderne. Ce n’est pas vrai. Il y a des expressions ou des perspectives différentes de la vie moderne selon les groupes. Dans le monde pentecôtiste, il y a pas mal de variété et donc de choix dans cette « négociation » avec la modernité qui permettent de se retrouver en phase avec une communauté. On peut trouver par exemple des églises pentecôtistes gays. C’est en fait beaucoup plus compliqué qu’une simple étiquette de libéralisme ou de fondamentalisme. Il faut noter aussi que ce succès peut s’expliquer par l’habileté à utiliser les images et les mots de la Bible donnant accès à d’énormes perspectives aux membres, à l’auditoire, auxquels ils donnent des possibilités de réflexion.


Que pouvez-vous dire de la France par rapport à cette expansion du pentecôtisme et la façon dont y sont reçus ces dons de l’Esprit (charismes) ?


En France, c’est toujours une histoire compliquée.  L’intérêt spirituel se manifeste surtout dans les traditions chrétiennes de l’art, de la musique, de l’histoire. Il y a des musées partout. Le patrimoine religieux est très important. Il y a une méfiance vis-à-vis des structures religieuses qui ont du pouvoir, à cause des expériences passées. Des communautés comme Taizé (non pentecôtiste mais bien connue dans le monde pentecôtiste par les livres ou la musique) ou l’Union de Prière de Charmes ont eu des influences parce qu’elles sont dégagées de l’idée de pouvoir  et ont un style de vie assez simple, loin du triomphalisme et du pouvoir et de l’argent.


En France, on a l’impression que les charismatiques sont tolérés par l’Eglise catholique, mais pas vraiment encouragés.


Il y a plusieurs communautés charismatiques catholiques en France qui me semblent plus encouragées et tolérées qu’elles ne le sont par exemple aux USA ou en Grande-Bretagne. Il y a ici beaucoup plus de relais.       

 

Propos recueillis par Olivier Beylon

 

Extrait de "Christianoscope" le phénomène chrétien.

 

 


06/08/2016
1 Poster un commentaire

Ils prient Dieu en boîte de nuit

 

ILS PRIENT DIEU DANS UNE BOÎTE DE NUIT

 

                                                                                    eglise-bpooite-nuit.jpg

 

Lausanne

Chaque dimanche, de jeunes chrétiens se réunissent au D! Club pour louer Dieu dans une ambiance de concert rock.

La scène lausannoise du D! Club s’ouvre tous les dimanches à une messe rock originale. «Ici, c’est l’Eglise 2.0!» s’enthousiasme un jeune participant.

 

La scène lausannoise du D! Club s’ouvre tous les dimanches à une messe rock originale. «Ici, c’est l’Eglise 2.0!» s’enthousiasme un jeune participant.

 

 

 

La boîte de nuit accueille chaque dimanche les cultes du Gospel Center de Lausanne, une Eglise membre de la Fédération romande d’Eglises évangéliques (FREE), qui loue l’établissement pour l’occasion. Une banderole bien visible de la place proclame: «A place where miracles happen» (Un endroit où les miracles se produisent).

 

«Je viens ici pour la deuxième fois. J’y trouve une liberté, une ouverture sans préjugés»

 

Dans ce temple d’un soir, pas de bougies, mais des boules à facettes et des lasers. La plupart des participants ont la trentaine ou moins, à peine un quart semble avoir franchi les 45 ans. Une dizaine d’enfants courent entre la scène et le bar, d’où les adultes peuvent suivre le culte devant une bière. Ici pas d’orgue, mais une batterie, un clavier, trois guitares électriques et une basse. Pour ce dernier rendez-vous dominical avant la pause estivale, le groupe Sphère assure la première partie du culte, soit 40 minutes de musique live. «Cette culture musicale est la nôtre, c’est aussi celle des 20-40 ans. Notre communication cible ces jeunes, dont la plupart n’ont reçu aucune éducation religieuse et sont déconnectés des Eglises», souligne Marc Gallay, 52 ans, pasteur du Gospel Center.

 

Les paroles défilent

Sur scène les musiciens, la vingtaine et presque tous étudiants, accompagnent Céline Meylan, la chanteuse du groupe. Elle confie à l’issue du concert: «Notre cœur est de servir. On est là pour louer Dieu avec l’assistance. Ça ne nous intéresse pas de faire un spectacle.»

Quand le groupe commence son programme, quelques personnes ont déjà les bras levés. D’autres, recueillies, ferment les yeux. Les paroles des chansons défilent au-dessus de la scène. Debout, l’assistance reprend le refrain de louange: «Dieu est le plus grand, Dieu est le plus fort […] Notre Dieu guérit. Puissant, il agit. Oh, Dieu, notre Dieu.»

 

Fumigènes et batterie

Les fidèles continuent d’affluer et, à 18 h 20, l’antre du D! compte 150 personnes. «50% des participants viennent de notre communauté; 50% viennent d’autres Eglises ou sont en questionnement vis-à-vis de Dieu. Amener l’Eglise où elle n’est pas, c’est dans notre ADN» détaille Marc Gallay.

Au fond de la salle, les fumigènes sont enclenchés. La scène disparaît sous une fumée blanche. «Oh Dieu. Tu es infiniment grand. Eternel puissant, roi majestueux», proclame la foule. A la batterie, Sébastien Weber chauffe la salle. Le rythme monte en puissance. De plus en plus de mains se lèvent. «L’idée est que le public puisse participer. On choisit des titres qu’ils connaissent», détaille Siméon Freymond, guitariste du groupe.

 

Le culte sans protocole

Quand le concert s’arrête, il est près de 18 h 40. Des vidéos sur les groupes de jeunes sont projetées, puis le groupe entame 10 minutes du Notre Père, repris en boucle par la salle. Les boules à facettes se sont remises à tourner, elles diffractent leur lumière blanche sur les visages. «Je viens ici pour la deuxième fois. J’y trouve une liberté, une ouverture sans préjugés. Ce matin, je suis aussi allée à l’église pour le culte, mais il y a beaucoup de protocole. Ici, je sens mieux la présence de Dieu» confie Flora, 19 ans.

«Le message est accessible. Les lumières, le son, tout ça montre que l’Eglise est pour tout le monde», renchérit son amie Karen, 22 ans, qui rentre avec Flora d’un séjour d’études de deux ans en Californie. «Dans les églises traditionnelles, je trouve que ça manque de feu. Au D!, je peux mieux louer Dieu. Je retrouve des gens de mon âge, mais aussi la modernité du monde. Le rock, les lasers… Ici, c’est l’Eglise 2.0!» s’enthousiasme Florian Barras, 31 ans, ancien étudiant de l’EPFL. Il vit désormais à Zurich, mais revient à Lausanne pour le culte du D!, où il retrouve des amis. «C’est un réseau qui s’entraide. L’ambiance me rappelle les communautés de Londres, où on insiste beaucoup sur la guérison et le témoignage», conclut le jeune homme.

 

«Plus je perds, plus je gagne»

Au D! aussi, la guérison est au cœur de la soirée. «Certaines personnes sont venues avec une grosse fatigue, voire une dépression. Je demande à Dieu de les guérir», proclame David Klopfenstein, membre du Gospel Center qui monte plusieurs fois sur scène pour prendre la parole avec ferveur. Outre la puissance agissante de l’Esprit, le témoignage est l’autre fil rouge de la soirée. A 19 h, Christine Gallay, prédicatrice du jour, évoque ses difficultés personnelles: «Plus je perds, plus je gagne en Dieu», assure-t-elle.

Quand le groupe Sphère revient sur scène pour un dernier morceau, il est 19 h 45. L’ambiance est celle d’une fin de concert au moment des rappels. (24 heures)

 

 

 

 


16/07/2016
1 Poster un commentaire

De l'islam à Jésus

Oui, nous avons un Dieu d'amour merveilleux.

 
[Source : Aleteia]Ils découvrent que Dieu est amour et vérité et le trouvent
LIBERTEPOLITIQUE.COM

 

 

13/07/2016
2 Poster un commentaire

Recherche

Vous recherchez ? :